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Emile JOLIBOIS (1813-1894)

UNE DES PLUS ANCIENNES REVUES DE FRANCE

« Sans doute, nous vivons à une époque de préoccupations politiques et religieuses, et nul ne peut songer à s’y soustraire, car ce serait faire acte de mauvais citoyen ; mais en dehors des polémiques contemporaines, qui nous divisent et dont la Revue ne s’occupera pas, il y a la science qui rapproche les hommes et les unit » (Émile Jolibois, 1876, p. 1).

 

« Aucune publication n’accueille dans le département du Tarn les recherches des curieux de notre histoire, l’étude des problèmes religieux, les essais littéraires. Malgré l’âpreté d’une époque où la culture générale désintéressée se heurte à de sévères contraintes, nous allons essayer d’éditer trimestriellement un recueil » (Louis-Charles Bellet, 1935, p. 1).

 

La Revue du Tarn doit être « le miroir de toutes les activités désintéressées du vieux pays albigeois » (Étienne Grillou, 1956, p. 2).

 

Ces missions ne sont rendues possibles que grâce à vous, fidèles lecteurs, qui, trimestre après trimestre, nous accordez votre confiance, ainsi qu’aux auteurs qui nous confient leurs textes, sans oublier tous les bénévoles qui œuvrent dans l’ombre pour que vive la Revue du Tarn.

Elle est née en 1875 alors que la Troisième République s’installe. C’est l’archiviste départemental Emile Jolibois qui prend l’initiative de lancer une « Revue historique, littéraire et scientifique du département du Tarn » (ancien pays de l’Albigeois) en abrégé Revue du Tarn. Les premières feuilles mensuelles publient beaucoup des travaux de Jolibois. Il s’appuie ensuite sur la Société des Sciences, Art et Belles-Lettres du Tarn qu’il fait naître en 1878. En 1880, Charles Portal, archiviste, remplace Emile Jolibois, qui prend sa retraite . En 1894, Jules Jolibois, fils d’Emile, prend la relève. Le format change, ainsi que la périodicité qui devient bi-mensuelle. Les feuilles sont réunies en volumes bisannuels puis annuels.

 

La guerre de 1914 interrompt la publication au milieu du 31ème volume. Tout ce que le département compte de chercheurs y a participé mais l’histoire est dominante. Après la guerre, la Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres du Tarn ne reprit pas la Revue du Tarn. Il faudra attendre Louis Charles-Bellet en 1935 pour que renaisse la nouvelle série de la Revue du Tarn. Elle est trimestrielle et elle continue jusqu’en 1946. Louis Charles-Bellet la décrit comme un « recueil ouvert aux investigations des historiens, aux échos de la vie intellectuelle et artistique, à la propagande touristique aussi bien qu’à l’examen des problèmes industriels et économiques dont dépend la prospérité ou la décadence du département ».


En 1948, naît la F. S. I. T. : Fédération des Sociétés Intellectuelles du Tarn qui décide de la renaissance de la Revue du Tarn. Elle n’aura lieu qu’en 1956 grâce au talent et à l’opiniâtreté d’Etienne Grillou. C’est la troisième série, la série actuelle. En 2005, on a fêté le 200ème numéros. La Revue est trimestrielle. « L’histoire, les lettres françaises ou occitanes, les arts, les sciences, l’économie, le sport, l’actualité tarnaise y auront leur place », écrivait Etienne Grillou. 52 ans plus tard, la Revue tient toujours ces promesses et est le reflet d’une vie culturelle départementale au sens large qui se fait l’écho des activités des sociétés fédérées à la FSIT mais qui a aussi acquis une autonomie certaine.

 

Trois rédacteurs en chef seulement depuis sa renaissance : René Rouquier (1956-1978, 29 ans), Jean Roques (associé dès 1975, en titre de 1978 à 1999 soit 25 ans), Robert Fabre associé au début de 1999, encore en fonction. Trois enseignants, l’un poète, l’autre homme de lettres , le troisième historien. Une belle continuité, nécessaire.

Émile Jolibois, fondateur de la Revue du Tarn en 1875

CHRONOLOGIE DE LA REVUE DU TARN

Revue fondée par Émile JOLIBOIS en 1875

Continuée par Jules JOLIBOIS de 1894 à 1914

Reprise par Charles BELLET de 1935 à 1946 et 

de 1944 à 1948 (Revue de Languedoc)

Reprise par Étienne GRILLOU de 1956 à 1959

Reprise par René ROUQUIER de 1959 à 1975

Continuée par Jean ROQUES de 1975 à 1999

Continuée par Robert FABRE en 1999

FAIRE UNE REVUE

L’œuvre est bénévole mais un support logistique important est fourni depuis les origines par les Archives Départementales du Tarn. Depuis plus de 50 ans, la Revue a comme imprimeur l’ICSO, Imprimerie Coopérative du Sud-Ouest. Le rôle du rédacteur en chef est de composer chaque revue. C’est lui qui choisit voire suscite les articles. Des numéros généralistes, un peu de tout à condition que le sujet ou l’auteur soient tarnais, une dominante historique mais qui n’exclue pas les incursions vers la littérature, les arts ou d’autres domaines, c’était la manière de René Rouquier puis de Jean Roques. Si les numéros généralistes subsistent, notamment pendant l’été où il faut donner un peu de variété à la Revue, épuiser aussi le stock des articles en réserve, la Revue est aujourd’hui plutôt thématique. Un sujet par numéro, cela encourage la vente au numéro qui équivaut aujourd’hui au nombre d’abonnements. Le tirage trimestriel est de 1200 exemplaires, il arrive qu’il atteigne 1500 pour des numéros particuliers dont on est sûr du succès. Les meilleures réussites ont été les numéros consacrés aux deux conflits mondiaux : 1914-1918 et surtout 1939-1945 : il s’agissait de donner la parole aux témoins et acteurs encore présents alors que les travaux universitaires apportent un éclairage nouveau.

Trouver un thème dominant qui pourra être porteur, varier les sujets, veiller à leur équilibre nord-sud, la tâche n’est pas toujours facile. Il faut solliciter les auteurs, les relancer, trier aussi lorsqu’il y a abondance, penser les illustrations, travailler la couverture (la seule partie en couleur, sauf lorsqu’on décide d’un cahier illustré intérieur), lire et relire avant le lancement et médiatiser la sortie enfin, c’est le quotidien du rédacteur en chef. Parmi les derniers numéros, certains ont privilégié des périodes chronologiques délimitées : Moyen Age, Ancien Régime, XIXème siècle. D’autres ont abordé des milieux sociologiques de façon diachronique : soldats, prêtres, familles nobles, monde ouvrier, paysans. Les thématiques sont parfois ciblées géographiquement : Castres, Gaillac, Carmaux, Lavaur, la montagne tarnaise. Personnages célèbres ou monuments : Lapérouse, Lautrec, les Guérin, Sainte Cécile ont eu leur numéro. Par deux fois a été traité le thème des sciences naturelles, des numéros spécifiques ont été consacrés aux sorciers guérisseurs, à la franc-maçonnerie, au rugby, au centenaire de la séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905). Deux numéros ont eu pour thème principal l’Espagne : ses rapports avec le Tarn et le rôle des Républicains Espagnols. Est  sorti à l’hiver 2008 : Tarn et Afrique du Nord. L’éclectisme est nécessaire et bien des richesses tarnaises sont à explorer encore. En préparation, pour clore 2009 : un nouveau numéro sur Lapérouse et un spécial « La fête en pays tarnais ».
Si Clio est maîtresse, d’autres sujets ont leur place : la poésie toujours présente depuis René Rouquier mais aussi la gastronomie, le vin, le domaine occitan, le patrimoine, les caricatures. Les pages jaunes, les plus lues de la Revue, sont le reflet de l’activité culturelle du trimestre écoulé. La rubrique « A travers l’imprimé » rend compte des publications des Tarnais et des ouvrages concernant le Tarn.

La Revue du Tarn, c’est bien l’histoire et la mémoire départementales. Pour mieux la consulter, des innovations technologiques liées à l’informatique s’imposent : site Internet, numérisation des numéros anciens. Le tournant technologique est déjà pris pour continuer la belle histoire de la Revue du Tarn.

Rédacteur en Chef

Robert FABRE, Janvier 2009